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Guides pratiques

TVA 10 % sur les travaux : conditions, exclusions et chantiers chiffrés

La TVA à 10 % s’applique aux travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien dans un logement achevé depuis plus de deux ans, à condition que le client le certifie sur le devis ou la facture. Tout le reste est à 20 %, sauf la rénovation énergétique qui peut descendre à 5,5 %. Cette page détaille les conditions du 10 %, les travaux qui en sont exclus, le sort de la fourniture, des gros équipements et de la sous-traitance, avec des chantiers chiffrés. Pour comparer les trois taux, partez du guide de la TVA sur les travaux ; pour la définition du vocabulaire, du glossaire du taux réduit.

Par Anas Rabhi Mis à jour le 07/10/2026 7 min de lecture

TVA à 10 % : les quatre conditions à réunir

Le taux de 10 % est fixé par l’article 279-0 bis du CGI. Il ne s’obtient pas sur simple demande du client : quatre éléments doivent être réunis, et l’entreprise est seule débitrice du complément de TVA si elle applique le 10 % à tort sur un équipement exclu.

Un local à usage d’habitation
Résidence principale ou secondaire, maison ou appartement. Le preneur peut être propriétaire, locataire, occupant à titre gratuit, syndicat de copropriétaires, SCI, marchand de biens ou agence mandatée (BOFiP, BOI-TVA-LIQ-30-20-90-40, § 10).
Achevé depuis plus de deux ans
L’ancienneté se compte à partir de l’achèvement de l’immeuble. Les travaux d’urgence dans un immeuble de moins de deux ans restent possibles au 10 % (§ 140 à 180 du même BOFiP), avec une mention particulière sur la facture.
Des travaux éligibles
Amélioration, transformation, aménagement, entretien. La main-d’œuvre, les matières premières et les fournitures que vous facturez sont au 10 %.
Une certification du client
Le client certifie sur le devis ou la facture que le local est un logement de plus de deux ans et que les travaux n’en font pas un immeuble neuf. Sans cela, le taux normal s’applique à tout (§ 130). Le texte à recopier est dans le guide de la mention qui remplace l’attestation.

Quels travaux sont à 10 % ?

Le critère n’est pas le métier mais la nature des travaux dans un logement ancien. Voici des cas courants, y compris à l’extérieur du logement :

TravauxTauxPourquoi
Peinture, papier peint, enduits, plâtrerie10 %Aménagement et entretien d’un logement de plus de deux ans
Carrelage, parquet, remplacement de revêtements de sol10 %Idem, fourniture comprise si vous la facturez
Plomberie sanitaire, électricité, remplacement de tableau10 %Travaux d’amélioration et d’entretien
Réparation de toiture, ravalement de façade, clôture10 %Travaux extérieurs sur le bâti du logement
Entretien courant d’un équipement (main-d’œuvre et pièces)10 %L’entretien est au taux réduit pour la main-d’œuvre comme pour les fournitures
Nettoyage, jardinage, entretien d’espaces verts20 %Exclus par l’article 279-0 bis, même chez un particulier
Chaudière gaz ou fioul, y compris en remplacement20 %Exclue des taux réduits depuis le 1er mars 2025
Sources : impots.gouv.fr, service-public.fr et BOFiP BOI-TVA-LIQ-30-20-90-20 et 90-40, consultés le 7 octobre 2026.

Les frais de déplacement suivent les travaux : s’ils sont compris dans une prestation éligible, le 10 % s’applique même s’ils figurent sur une ligne distincte (BOFiP, § 30 du BOI-TVA-LIQ-30-20-90-20). Facturés seuls, sans travaux, ils sont à 20 %. Un peintre ou un couvreur se retrouve presque toujours dans le tableau ci-dessus ; la rénovation énergétique, elle, se traite à part.

TVA 10 ou 20 % : ce qui fait basculer au taux normal

Le 10 % tombe dès qu’un des cas suivants est réuni. Les trois premiers sont les cas de « production d’un immeuble neuf » : dans ce cas, le logement est traité comme une construction.

Cas d’exclusionCe qu’il faut vérifier
Surélévation du bâtimentAjout d’un étage ou de niveaux
Remise à l’état neuf de l’immeublePlus de 50 % du gros œuvre refait, selon impots.gouv.fr
Augmentation de la surface de plancherPlus de 10 % de la surface existante, sur une période de deux ans au plus
Logement de moins de deux ansHors travaux d’urgence
Local qui n’est pas un logementBureau, commerce, entrepôt : 20 %
Gros équipement fourniClimatisation, ascenseur, sauna ou hammam prêt à poser, équipements collectifs de chauffage : la fourniture est à 20 %, la pose reste à 10 %
Les travaux sont examinés sur l’ensemble d’une opération de deux ans au plus : trois chantiers successifs chez le même client peuvent se cumuler.

Fourniture, pose et gros équipements : ce qui est à 10 %

Trois règles du BOFiP règlent presque tous les devis :

  • Vous fournissez et vous posez : les matières premières et les fournitures sont au 10 %. Les équipements éligibles le sont aussi s’ils sont fournis et facturés par l’entreprise qui les met en œuvre (§ 40 et 120).
  • Le client achète lui-même le matériel : seule la main-d’œuvre que vous facturez est au 10 % (§ 140). La pose seule n’est donc pas au taux normal.
  • Pose offerte ou facturée à un prix symbolique : l’opération est considérée comme une livraison de matériel au taux de 20 % (§ 130). Le taux réduit reste possible pour une vraie « pose offerte » promotionnelle, si la pose est bien réalisée par le prestataire qui a fourni les matériaux.

Le cas de la climatisation illustre les gros équipements : la fourniture d’un système de climatisation est exclue du 10 %, les travaux d’installation (découpe, électricité, peinture) y restent. Cette distinction, et les nouvelles règles de 2026, sont dans le guide de la TVA sur la climatisation.

Sous-traitance : le 10 % s’arrête au donneur d’ordre

Le BOFiP est net : le taux réduit de 10 % « ne concerne pas des travaux qui seraient fournis par un sous-traitant à son donneur d’ordre » (BOI-TVA-LIQ-30-20-90-40, § 20). Votre sous-traitant vous facture donc au taux normal, ou sans TVA si l’autoliquidation s’applique. C’est vous, entreprise qui facturez le client final, qui appliquez le 10 % sur la facture globale si les conditions sont réunies.

La rénovation énergétique fait exception : le 5,5 % peut s’appliquer à un sous-traitant, mais l’administration admet que ces prestations restent au taux normal par simplification. Les mécanismes de facturation entre entreprise principale et sous-traitant, dont l’autoliquidation, sont dans le guide de l’autoliquidation en sous-traitance.

Trois chantiers, trois taux

ChantierMontant HTTauxTVATTC
Salle de bains, maison de 1992 : démolition 600 €, carrelage fourni et posé 2 400 €, plomberie 1 800 €, peinture 700 €5 500 €10 %550 €6 050 €
Pose seule de carrelage fourni par le client, appartement de 19781 200 €10 % sur la main-d’œuvre120 €1 320 €
Peinture d’une maison livrée il y a 18 mois3 000 €20 % (moins de deux ans)600 €3 600 €
Le premier chantier au taux normal aurait coûté 6 600 € TTC : 550 € de plus pour le client, que votre devis doit pouvoir justifier. Pour refaire ces montants avec vos chiffres : calculer la TVA à 10 % en HT et TTC.

Sur un devis qui mêle plusieurs taux, chaque poste porte le sien : le BOFiP demande de faire apparaître distinctement la part au taux réduit et celle au taux normal sur les devis et les factures. Dans Deviseo, chaque ligne de devis porte son propre taux de TVA, ce qui permet de séparer les postes à 10 % et à 20 % sur un même document, avec une ventilation de la TVA par taux dans les totaux. Les autres mentions du devis restent celles du guide des mentions obligatoires du devis.

Ce que le client certifie, et ce que vous conservez

Le client certifie ; vous conservez. Le client conserve les devis et factures jusqu’au 31 décembre de la cinquième année suivant leur facturation ; l’entreprise conserve le document certifié à l’appui de sa comptabilité. Pour des travaux de réparation et d’entretien de moins de 1 000 € TTC, la mention peut être omise, mais le document doit alors indiquer le nom et l’adresse du client et de l’immeuble, la nature des travaux et le fait que l’immeuble est achevé depuis plus de deux ans.

Si le client s’est trompé ou a oublié de certifier de bonne foi, une facture rectificative reste possible (§ 230). Si les mentions sont inexactes du fait du client, il est solidairement tenu du complément de taxe (§ 220). Mais l’entreprise reste seule débitrice quand elle a appliqué le 10 % à un équipement exclu, ou qu’elle ne peut pas produire la certification.

Questions fréquentes

Quels travaux sont à 10 % de TVA ?

Les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien dans un logement achevé depuis plus de deux ans : peinture, carrelage, plomberie, électricité, réparation de toiture, ravalement. Les travaux de nettoyage, d’espaces verts, les chaudières gaz ou fioul et la fourniture de gros équipements restent à 20 %.

TVA 10 ou 20 % : comment savoir ?

Trois vérifications : le local est un logement de plus de deux ans, les travaux ne font pas un immeuble neuf (surélévation, plus de 50 % du gros œuvre refait, plus de 10 % de surface en plus), et le client a certifié ces points sur le devis ou la facture. Une seule qui manque et c’est 20 % sur tout.

La TVA à 10 % s’applique-t-elle à une résidence secondaire ?

Oui. Le BOFiP vise les locaux à usage d’habitation, sans distinguer résidence principale et secondaire. Le client peut aussi être locataire, bailleur, SCI ou marchand de biens, dès lors que les conditions du local et des travaux sont remplies.

Le client achète les matériaux : ma pose est à quel taux ?

À 10 % pour la main-d’œuvre que vous facturez, si les autres conditions sont réunies. Le BOFiP précise que seule la main-d’œuvre est alors soumise au taux réduit. Les matériaux achetés par le client ne passent pas par votre facture.

Mon sous-traitant peut-il me facturer à 10 % ?

Non. Le 10 % ne s’applique pas aux travaux qu’un sous-traitant fournit à son donneur d’ordre. C’est l’entreprise qui facture le client final qui peut appliquer le taux réduit sur sa facture globale.

Que risque-t-on avec un taux de 10 % appliqué à tort ?

La TVA manquante est due, avec intérêts et pénalités, par l’entreprise qui a facturé. Le client est solidaire du complément seulement quand ses mentions sont inexactes de son fait.

Sources