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Guides pratiques

Décennale, biennale, parfait achèvement : qui couvre quoi

Trois garanties, trois durées, un seul document où tout le monde les confond. La décennale couvre la solidité pendant dix ans. La biennale couvre les équipements dissociables pendant deux ans. Le parfait achèvement, c’est un an pour les réserves. Et sur le devis comme sur la facture, les coordonnées de l’assureur doivent figurer — sous une base légale que les sources professionnelles rattachent à l’article L243-2, sans page service-public.fr dédiée récupérée à ce jour. On le dit, on ne l’invente pas.

Par Anas Rabhi Mis à jour le 06/09/2026 5 min de lecture couvreur, macon, electricien, plombier

Trois garanties qui ne se recouvrent pas

GarantieDuréeCe qu’elle couvreBase
Décennale 10 ans à compter de la réception Dommages à la solidité de l’ouvrage, ou qui le rendent impropre à sa destination C. civ. art. 1792, 1792-1, 1792-2
Biennale / bon fonctionnement 2 ans à compter de la réception Éléments d’équipement dissociables : volets, chauffe-eau, robinetterie C. civ. art. 1792-3
Parfait achèvement 1 an après la réception Tous les désordres signalés, réservés ou notifiés ensuite par écrit C. civ. art. 1792-6
Responsabilité de plein droit pour la décennale : pas de faute à prouver.

L’obligation d’assurance décennale (loi Spinetta du 4 janvier 1978, code des assurances art. L241-1) est distincte de la garantie elle-même. Elle doit être souscrite avant l’ouverture du chantier. Le défaut est un délit : jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et 75 000 € d’amende (art. L243-3). Le délit est constitué dès l’ouverture du chantier sans police valide. Aucun régime fiscal — micro-entrepreneur inclus — n’en dispense.

Ce qui doit figurer sur le devis et la facture

Les sources professionnelles concordantes (courtiers, avocats, fiches métier) rattachent l’obligation d’indiquer l’assurance sur chaque devis et chaque facture à l’article L243-2 du code des assurances, et souvent à la loi Hamon de 2014. L’attestation doit aussi pouvoir être présentée avant l’ouverture du chantier. La sanction citée pour le défaut d’affichage est une amende administrative DGCCRF jusqu’à 3 000 € (personne physique) / 15 000 € (personne morale).

Mention d’assurance — reconstitution des informations exigées, pas un modèle officiel

Assurance professionnelle : [nom de l’assureur], [adresse], couvrant la responsabilité décennale au titre des activités de [activités garanties], pour les chantiers situés dans la zone géographique [zone couverte], n° de contrat [numéro].

À porter sur le devis et sur la facture, pas seulement sur le premier document du chantier.

Nom et adresse de l’assureur ou du garant
Pas seulement le logo. Une adresse postale, pas un numéro vert.
Numéro de contrat
Celui de la police en vigueur à la date du chantier, pas celui de l’année précédente.
Activités garanties et zone
Un couvreur assuré « couverture » n’est pas couvert pour une charpente s’il l’a ajoutée au devis. La zone géographique compte : une police « France métropolitaine » ne couvre pas un chantier à La Réunion.

Ce que la décennale ne couvre pas, et ce qu’il faut encore demander

SinistreCouvert par la décennale ?Pourquoi
Fissure structurelle d’un pignon deux ans après réception Oui Atteinte à la solidité
Toiture hors d’eau qui fuit, logement inhabitable Oui Impropre à sa destination
Rayure sur un parquet six mois après Non Désordre esthétique, hors 1792
Volet roulant bloqué à 18 mois Non (biennale) Équipement dissociable, art. 1792-3
Exemples pédagogiques. La qualification d’un sinistre réel se fait sur pièces, pas sur un tableau.

Pour les marchés privés de travaux dépassant 12 000 € HT (après déduction des acomptes et avances), l’article 1799-1 du code civil impose au maître d’ouvrage de fournir à l’entrepreneur une garantie de paiement — paiement direct par l’établissement de crédit qui finance le marché, ou cautionnement solidaire. Disposition d’ordre public, toute clause contraire nulle. Elle est très peu réclamée. Elle n’a rien à voir avec la décennale, et elle protège votre trésorerie, pas le client.

Où porter la mention, concrètement

Sur le devis, à côté de l’identité de l’entreprise, pas cachée dans un pied de page illisible. Sur la facture, les mêmes informations — les oublier d’un côté et pas de l’autre est un classique. Voir les mentions du devis et celles de la facture. Le mot est défini dans le glossaire de la garantie décennale.

Un couvreur assuré « couverture, zinguerie, étanchéité » qui ajoute une charpente au devis sort de sa police, même si le logo de l’assureur trône en en-tête. Les activités garanties se lisent sur l’attestation, pas sur le site. Un chantier hors zone — Corse, DOM — se vérifie de la même façon. Porter la mention n’étend pas la garantie : elle dit seulement laquelle vous avez. Le défaut d’assurance, lui, reste un délit, mention ou pas. Un micro-entrepreneur fraîchement immatriculé n’a pas de période de grâce : la police se souscrit avant le premier chantier, pas après le premier sinistre. L’attestation du jour J, pas celle de l’année dernière. Un chantier ouvert sans police valide constitue déjà le délit, avant tout sinistre.

Questions fréquentes

Un micro-entrepreneur doit-il avoir une décennale ?

Oui, dès que les travaux relèvent de la responsabilité décennale. Aucun régime fiscal n’en dispense. Ouvrir un chantier sans police valide est un délit.

Dois-je indiquer l’assurance sur le devis ou seulement sur la facture ?

Sur les deux, selon les sources professionnelles qui rattachent l’obligation à l’article L243-2. La base légale précise de l’affichage mérite un recoupement sur Légifrance ; l’usage de la profession est de la porter partout.

La décennale couvre-t-elle un volet qui ne ferme plus ?

Non. Un volet est un équipement dissociable : c’est la garantie biennale de bon fonctionnement, deux ans à compter de la réception.

Que risque-t-on sans assurance décennale ?

Jusqu’à six mois d’emprisonnement et 75 000 € d’amende (art. L243-3 du code des assurances), dès l’ouverture du chantier. Plus la responsabilité civile de plein droit pendant dix ans, sans police derrière.

Qu’est-ce que la garantie de l’article 1799-1 ?

Une garantie de paiement due par le maître d’ouvrage à l’entrepreneur, pour les marchés privés de travaux au-delà de 12 000 € HT. Elle n’a rien à voir avec la décennale. Elle est d’ordre public et très peu demandée.

Sources