Les aides à la rénovation vues par l’artisan
Cinq mécanismes se croisent sur un même chantier. Les règles ci-dessous sont celles des pages officielles consultées le 7 octobre 2026, dont la date de dernière vérification est indiquée : elles changent d’une année sur l’autre, et parfois en cours d’année.
| Dispositif | Qui paie, comment | Ce qu’il impose à l’artisan | Règles vérifiées |
|---|---|---|---|
| TVA réduite (5,5 % ou 10 %) | C’est vous qui l’appliquez sur le devis et la facture | Logement de plus de deux ans, travaux éligibles, mention du client | BOFiP du 9 septembre 2026 |
| MaPrimeRénov’, parcours par geste | L’Anah verse la prime au client, ou à un mandataire de perception | Entreprise RGE, visite préalable datée sur le devis et la facture, travaux commencés après l’accusé de réception de l’Anah | Service-public.fr, 1er septembre 2026 |
| MaPrimeRénov’, rénovation d’ampleur | L’Anah, avec un accompagnement obligatoire par Mon Accompagnateur Rénov’ | Entreprise RGE, travaux après l’accusé de réception, achevés sous trois ans | Service-public.fr, 1er septembre 2026 |
| Prime CEE | Le fournisseur d’énergie, par virement, chèque, déduction de facture ou bons d’achat, plusieurs mois après les travaux | Accord du fournisseur avant la signature du devis, entreprise RGE si l’opération l’exige, devis, factures et attestation concordants | Service-public.fr, 26 juin 2026 |
| Éco-PTZ | Une banque, qui avance un prêt sans intérêts | Entreprise RGE, devis détaillé et formulaire « Entreprise » à compléter | Service-public.fr, 1er septembre 2026 |
Les montants du parcours par geste en métropole se limitent en 2026 au chauffage et à l’eau chaude décarbonés (pompes à chaleur géothermiques et air/eau), au raccordement à un réseau de chaleur, à la dépose d’une cuve à fioul et à l’audit énergétique. Pour une pompe à chaleur air/eau, la prime est de 5 000 € pour un ménage aux revenus très modestes, 4 000 € pour un ménage modeste et 3 000 € pour un ménage intermédiaire, dans la limite de 12 000 € de dépense. Pour la rénovation d’ampleur, le taux va de 80 % à 10 % selon les revenus, dans la limite de 30 000 € HT de dépenses pour un gain de deux classes au diagnostic de performance énergétique, et de 40 000 € HT pour trois classes ou plus.
Calculer le reste à charge : une pompe à chaleur air/eau, pas à pas
Maison de 1992, ménage aux revenus modestes, remplacement d’une chaudière par une pompe à chaleur air/eau. Le montant de la prime CEE dépend de l’accord du fournisseur : il est pris ici à titre d’hypothèse, à remplacer par le chiffre de l’accord signé.
| Ligne | Montant |
|---|---|
| Travaux HT | 11 000,00 € |
| TVA à 5,5 % | 605,00 € |
| Prix TTC facturé au client | 11 605,00 € |
| MaPrimeRénov’ parcours par geste (ménage modeste, pompe à chaleur air/eau) | - 4 000,00 € |
| Prime CEE (hypothèse, montant de l’accord du fournisseur) | - 1 500,00 € |
| Reste à charge estimé | 6 105,00 € |
Le client peut financer ce reste à charge par un éco-PTZ. Pour une action de travaux autre que sur les parois vitrées, le plafond est de 15 000 €, et le remboursement s’étale sur 15 ans au plus. Sur 15 ans, 6 105 € représentent environ 34 € par mois, hors assurance et frais éventuels de la banque.
Reste à charge zéro : ce que les barèmes permettent
Dans le barème MaPrimeRénov’ de 2026, aucun taux ne couvre 100 % de la dépense : le maximum est de 80 % en rénovation d’ampleur, et la prime est plafonnée. Les primes CEE, les aides locales et la TVA réduite s’ajoutent, ce qui peut rapprocher du zéro sur certains chantiers, mais pas le garantir. Une offre « zéro reste à charge » est donc un résultat de calcul, jamais un point de départ.
Un devis ne doit jamais être gonflé pour faire tomber le reste à charge à zéro : les aides se calculent sur la dépense réelle, et la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 renforce la lutte contre les fraudes aux aides publiques. Si un client demande un reste à charge nul, montrez-lui le calcul poste par poste, comme dans le tableau ci-dessus.
Ce que les aides imposent à votre devis et à votre facture
Voici la liste à passer en revue avant d’envoyer un devis destiné à un dossier d’aide :
- Qualification RGE à jour pour la catégorie de travaux, avec l’organisme, le numéro de certificat et la date d’échéance, et l’information donnée au client avant la signature du contrat (voir le guide du RGE).
- Date de la visite préalable du chantier, qui doit figurer sur le devis et sur la facture quand la qualification RGE est requise.
- Description poste par poste : marque, référence et performance de chaque équipement, quantités et prix. Le guide du devis MaPrimeRénov’ donne les caractéristiques attendues par type de travaux.
- Ordre des signatures : pour une prime CEE, l’accord du fournisseur précède la signature du devis ; pour MaPrimeRénov’, les travaux commencent après l’accusé de réception de l’Anah.
- Concordance du devis et de la facture : mêmes équipements, mêmes quantités, mêmes caractéristiques. Un écart est le premier motif de refus d’un dossier CEE.
- Mention de TVA : certification du client sur le devis ou la facture pour le taux de 5,5 % ou de 10 % (voir le guide de la mention qui remplace l’attestation).
Un client peut aussi désigner une entreprise de travaux comme mandataire, soit de gestion administrative de son dossier MaPrimeRénov’, soit de perception de fonds pour toucher la prime à sa place. La délégation est encadrée : le mandataire s’identifie auprès de l’Anah et fournit une attestation sur l’honneur d’absence de condamnation pénale. Ne l’acceptez qu’en connaissance de cause.
Présenter les aides et le reste à charge sur un devis
Le prix du devis est le prix TTC des travaux. Les aides sont versées au client par l’Anah ou par le fournisseur d’énergie, sauf si ce dernier déduit lui-même la prime CEE de la facture. Si vous souhaitez montrer le reste à charge, faites-le dans un bloc séparé et informatif, à la suite du prix, avec ce texte à adapter :
Prix TTC des travaux : [montant] €, dont TVA à [5,5 ou 10] % : [montant] €.
Aides auxquelles le client peut prétendre, à titre indicatif : MaPrimeRénov’ [montant estimé] € ; prime CEE [montant estimé selon l’accord du fournisseur] €. Ces aides sont versées au client par l’organisme concerné, après décision de celui-ci.
Reste à charge estimé : [montant] €. Cette estimation ne constitue pas un engagement de l’entreprise sur l’obtention des aides.
Ce texte n’est pas un modèle officiel. Il sépare le prix des travaux, que vous facturez, de montants d’aides qui dépendent de décisions que vous ne contrôlez pas.
Dans Deviseo, le logiciel de facturation pour le bâtiment, le devis et la facture sont des documents liés : la facture repart des lignes du devis, ce qui aide à garder la concordance que les dossiers d’aide exigent.
Questions fréquentes
Comment calcule-t-on le reste à charge d’une rénovation ?
Prix TTC des travaux moins les aides : MaPrimeRénov’, prime CEE et aides locales. L’éco-PTZ n’est pas une aide qui réduit le reste à charge : c’est un prêt sans intérêts qui le finance.
Un reste à charge zéro est-il possible ?
Les barèmes MaPrimeRénov’ ne couvrent jamais 100 % de la dépense : 80 % au maximum en rénovation d’ampleur. Avec les primes CEE et des aides locales, un reste à charge très faible est possible sur certains chantiers, mais pas garanti, et un devis ne doit pas être gonflé pour y arriver.
Qui verse MaPrimeRénov’ : l’artisan ou le client ?
L’Anah verse la prime au client, ou à un mandataire de perception qu’il a désigné, qui peut être une entreprise de travaux. L’artisan facture le prix TTC complet des travaux.
La prime CEE se déduit-elle de la facture ?
Parfois : le fournisseur d’énergie peut verser la prime par virement, par chèque, en la déduisant de la facture du client ou sous une autre forme comme des bons d’achat. Ce n’est jamais une remise accordée par l’entreprise de travaux.
Faut-il être RGE pour que le client touche une aide ?
Oui pour MaPrimeRénov’ (hors raccordement à un réseau de chaleur), l’éco-PTZ et les primes CEE quand l’opération l’exige. La qualification, la visite préalable et le devis doivent être cohérents entre eux.
À quelle date vérifier les règles des aides ?
À la date de chaque devis. Les montants et les conditions de MaPrimeRénov’, des CEE et de l’éco-PTZ changent régulièrement. Les règles de cette page ont été vérifiées le 7 octobre 2026 sur des pages officielles mises à jour entre le 26 juin et le 1er septembre 2026.
Sources
- Service-public.fr : MaPrimeRénov’ (MPR), vérifiée le 1er septembre 2026 consultée le 7 octobre 2026
- Service-public.fr : Certificats d’économie d’énergie (CEE), vérifiée le 26 juin 2026 consultée le 7 octobre 2026
- Service-public.fr : Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ), vérifiée le 1er septembre 2026 consultée le 7 octobre 2026
- Service-public.fr (Entreprendre) : Obtenir le label RGE, vérifiée le 9 juin 2026 consultée le 7 octobre 2026
- BOFiP : BOI-TVA-LIQ-30-20-90-40, version du 9 septembre 2026 consultée le 7 octobre 2026