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Guides pratiques

L’acompte : usage, pas obligation

« On prend toujours 30 % à la commande. » C’est vrai dans beaucoup d’ateliers. Ce n’est pas une règle de droit. En marché privé, aucun plafond légal ne fixe l’acompte. Ce guide dit combien demander, comment le facturer, ce qu’il devient si le client se rétracte — et en quoi un acompte n’est ni une situation de travaux ni une retenue de garantie.

Par Anas Rabhi Mis à jour le 06/09/2026 5 min de lecture menuisier, cuisiniste, chauffagiste, carreleur

Trente pour cent, et rien dans la loi

Pour les marchés privés de travaux, aucun texte ne fixe un pourcentage d’acompte. La liberté contractuelle s’applique. Un acompte de l’ordre de 30 % du montant TTC à la commande est un usage très répandu — confirmé par plusieurs sources professionnelles, évoqué dans une question parlementaire de 2025 — présenté ici comme un usage, jamais comme une obligation.

MécanismeQuandQui tient l’argent
Acompte À la commande, avant ou au démarrage Vous : c’est un paiement d’avance sur le prix
Situation de travaux En cours de chantier, selon l’avancement Vous : c’est le prix du travail déjà fait
Retenue de garantie Sur chaque situation ou à la fin Un tiers consigné, ou vous si la clause est mal écrite : c’est une retenue, pas un paiement
Trois mécanismes voisins. Un seul est un paiement d’avance.

Combien demander, métier par métier

Menuisier, cuisiniste : la commande fournisseur
Fenêtres sur mesure, cuisine en attente d’un industriel : 30 à 40 % se justifient par l’engagement matière. Un acompte trop bas vous fait financer le client. Un acompte trop haut, sans clause, passe mal.
Peintre, plaquiste : peu de matière immobilisée
15 à 30 % suffisent souvent. L’acompte sécurise le créneau plus que l’achat.
Chauffagiste, PAC : matériel cher, délai long
30 % à la commande du matériel, puis le solde à la mise en service, est un schéma courant. Ce n’est toujours pas une règle.

La facture d’acompte n’est pas un avoir ni une situation

Dès qu’un acompte est demandé, il se facture. La facture d’acompte reprend les mentions d’une facture, plus le rappel du montant total du marché et du solde restant dû. Pour les prestations de services, la TVA est exigible à l’encaissement (CGI art. 269) : vous la reversez sur l’acompte encaissé, pas sur le devis signé.

  1. Le devis est accepté

    Le pourcentage d’acompte y figure déjà, en euros TTC, pas seulement en « 30 % ».

  2. Vous émettez une facture d’acompte

    Numéro dans la séquence des factures, mentions obligatoires, rappel du total et du solde.

  3. Vous déduisez l’acompte sur la facture suivante

    Situation ou facture finale : l’acompte déjà facturé s’impute. Il ne se retrancherait pas « à la main » sur un total TTC sans trace.

Clause d’acompte, à porter sur le devis

Un acompte de 30 % du montant TTC, soit [montant] € TTC, est exigible à la commande.

Le solde sera facturé selon l’avancement / à la réception des travaux.

L’acompte n’est pas des arrhes : il s’impute sur le prix et reste acquis en cas de renoncement du client après acceptation, sous réserve des dispositions du code de la consommation applicables aux contrats hors établissement.

Adaptez le pourcentage. Le chiffre de 30 % n’a aucune valeur légale en marché privé.

Un modèle de facture d’acompte pose la structure.

Ce que l’acompte n’est pas

Sur un chantier de six semaines, un maçon peut demander 30 % à la commande (acompte), puis facturer 40 % quand la dalle est coulée (situation de travaux), puis le solde. Un paysagiste qui mélange création de jardin et contrat d’entretien annuel a le même risque : l’acompte du printemps ne doit pas couvrir les tontes de l’automne. Une retenue de garantie de 5 %, si elle est prévue, s’opère sur ces factures : c’est de l’argent retenu, pas versé d’avance. Les trois mécanismes peuvent coexister ; ils ne se remplacent pas.

Un menuisier commande huit fenêtres PVC à 9 600 € HT de matériel. Sans acompte, il avance la commande. Avec 30 % à la signature à l’atelier (devis de 14 400 € TTC, acompte 4 320 €), le fournisseur est couvert et le créneau aussi. Si le client a signé chez lui, ces 4 320 € attendent sept jours. Facturer l’acompte, l’imputer sur la pose, puis solder à la mise en œuvre : trois pièces, un seul marché. Mélanger l’acompte et une « situation à 30 % » sur le même PDF rend le reliquat illisible. Deux documents, deux objets, un seul marché. L’acompte d’abord, puis seulement la situation de travaux.

Questions fréquentes

L’acompte de 30 % est-il obligatoire ?

Non. C’est un usage du bâtiment, très répandu, pas une règle de droit en marché privé. Aucun plafond légal ne s’applique hors marchés publics.

Dois-je émettre une facture d’acompte ?

Oui, dès qu’un acompte est demandé. Elle reprend les mentions d’une facture, plus le montant total et le solde. La TVA des prestations de services est exigible à l’encaissement.

Puis-je encaisser l’acompte le jour de la signature chez le client ?

Non, si le contrat est conclu hors établissement. L’article L221-10 interdit tout paiement pendant 7 jours. L’exception d’urgence est étroite.

Quelle différence avec une situation de travaux ?

L’acompte paie d’avance un travail qui n’est pas encore fait. La situation paie un avancement déjà réalisé. On peut avoir les deux sur le même chantier ; ce ne sont pas les mêmes documents.

Quelle différence avec la retenue de garantie ?

L’acompte entre dans votre trésorerie. La retenue de garantie, plafonnée à 5 %, est consignée et restituée un an après la réception, sauf opposition motivée. C’est l’opération inverse.

Sources