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Le blog Deviseo

Facturation électronique : que se passe-t-il après le 31 décembre 2026 ?

Non : à la date de vérification de cet article, le 22 septembre 2026, aucun texte officiel ne fixe de bascule au 1er janvier 2027. Le communiqué du 11 juillet 2026 promet une tolérance aux entreprises de bonne foi « au démarrage » de la réforme de la facturation électronique, sans date de fin écrite noir sur blanc : c’est la formulation qui circule le plus, souvent déformée en échéance ferme du 31 décembre. Ce qui est vraiment confirmé : les sanctions existent déjà dans la loi depuis le 1er septembre 2026, et une clause de tolérance, elle, est permanente et n’a rien à voir avec le changement d’année.

Par Anas Rabhi Mis à jour le 22/09/2026 5 min de lecture

Ce que le 11 juillet 2026 a vraiment annoncé

Le ministre chargé de l’Action et des Comptes publics a réuni à Bercy la « communauté des relais » de la réforme et annoncé une doctrine de contrôle bienveillante pour le lancement de la facturation électronique.

« Il n’y aura pas, au démarrage de cette réforme, de sanctions pour les entreprises de bonne foi qui rencontrent une difficulté, qui la documentent et prennent les mesures nécessaires pour la corriger. »

Le même jour, la DGFiP a publié un guide pratique de démarrage et ouvert un numéro d’assistance dédié, le 0806 807 807, joignable du lundi au vendredi de 8 h 30 à 18 h. La tolérance porte sur la bonne foi documentée (une difficulté réelle, signalée et corrigée) jamais sur l’inaction pure et simple.

Pourquoi le 31 décembre revient partout, sans texte qui le fixe

Le communiqué du 11 juillet 2026 parle d’une tolérance « au démarrage » de la réforme, sans autre précision de calendrier. Le guide pratique de la DGFiP, publié le même jour, décrit une doctrine de proportionnalité (distinguer une difficulté documentée d’une inertie durable) sans y accoler de date de fin.

C’est la presse et les acteurs du secteur qui ont, depuis, résumé cette période comme une « phase d’écoute et d’accompagnement » courant jusqu’à la fin de l’année 2026. C’est une lecture raisonnable de l’esprit du texte, pas une citation d’un document officiel qui porterait cette date en toutes lettres.

Le point à retenir ne change pas selon la date : une entreprise qui n’a rien entrepris ne peut pas s’appuyer sur une tolérance conçue pour ceux qui documentent une difficulté réelle. Le calendrier complet de la réforme reste la référence pour savoir ce qui vous concerne, indépendamment de cette question de tolérance.

Les sanctions existent déjà dans la loi, tolérance ou pas

Indépendamment de la doctrine de bienveillance annoncée en juillet, l’article 1737 du code général des impôts prévoit déjà des amendes précises, en vigueur depuis l’entrée en application de la réforme.

50 € par facture non émise au format électronique requis Plafond de 15 000 € par année civile
500 € puis 1 000 € si aucune plateforme de réception n’est désignée après mise en demeure Mise en demeure de 3 mois, puis amende renouvelée par trimestre
15 € par mention omise ou inexacte sur une facture Dans la limite du quart du montant facturé

Le même article contient une clause de tolérance, mais elle n’a rien à voir avec le calendrier 2026-2027 : elle dispense une première infraction commise dans l’année civile en cours et les trois précédentes, à condition d’être corrigée spontanément ou dans les 30 jours d’une première demande de l’administration. Cette clause est permanente, inscrite dans la loi elle-même, et ne dépend d’aucune annonce ministérielle ni d’aucune date de fin d’année.

Ce qu’il faut vérifier avant la fin de l’année

Que la doctrine de bienveillance s’arrête ou se prolonge, la situation la plus fragile reste la même : n’avoir rien entrepris. Trois vérifications suffisent à en sortir.

  • Votre entreprise figure dans l’annuaire central avec une adresse de réception valide, via une plateforme agréée
  • Toute difficulté rencontrée (technique, administrative, liée à un fournisseur) est signalée et datée, pas seulement constatée en interne
  • Si vous êtes une PME ou une TPE, le choix de votre plateforme pour l’échéance d’émission de 2027 n’attend pas la dernière ligne droite ; voir comment choisir sa plateforme agréée

Le bilan des premières semaines de l’obligation de réception, retours de terrain compris, est détaillé dans notre suivi du démarrage de la réforme. Pour resituer votre propre échéance, le simulateur de facturation électronique croise votre catégorie d’entreprise et les dates qui s’appliquent à vous.

Deviseo est raccordé à une plateforme agréée pour l’émission et la réception, dans tous les abonnements payants : la démarche de raccordement, documentée si elle rencontre un délai, entre elle aussi dans le cadre de la bonne foi décrite plus haut. Le détail est sur la page facturation électronique.

Questions fréquentes

Existe-t-il une tolérance officielle sur les sanctions de la facturation électronique en 2026 ?

Oui. Le 11 juillet 2026, le ministre chargé des Comptes publics a annoncé qu’il n’y aurait pas, au démarrage de la réforme, de sanctions pour les entreprises de bonne foi qui rencontrent une difficulté, la documentent et la corrigent. La DGFiP a publié le même jour un guide pratique et ouvert un numéro d’assistance. Aucun de ces textes ne fixe de date de fin précise à cette tolérance.

Que se passe-t-il concrètement le 1er janvier 2027 ?

À la date de vérification de cet article, rien n’a été annoncé officiellement pour cette date précise. L’échéance réglementaire suivante est le 1er septembre 2027, date à laquelle les PME, TPE, micro-entreprises et auto-entrepreneurs doivent à leur tour émettre au format électronique et transmettre leur e-reporting.

Les sanctions de 50 € et 500 € s’appliquent-elles déjà ?

Elles existent dans la loi depuis l’entrée en vigueur de la réforme, le 1er septembre 2026 : 50 € par facture non émise au format requis, plafonnés à 15 000 € par an, et 500 € puis 1 000 € en cas d’absence prolongée de plateforme de réception désignée. Une clause du même article dispense toutefois une première infraction corrigée spontanément ou sous 30 jours, sans limite de durée liée à 2026.

Cette tolérance concernera-t-elle aussi l’échéance d’émission de 2027 pour les PME ?

Rien ne l’indique à ce jour. La tolérance annoncée en juillet 2026 vise explicitement le démarrage de la réforme, déjà engagé pour les grandes entreprises et les ETI. Aucune communication officielle ne l’a pour l’instant étendue par avance à l’échéance de septembre 2027 pour les PME et TPE.

Sources