Trois situations, trois réponses
| Situation | Devis écrit | Pourquoi |
|---|---|---|
| Dépannage, réparation, entretien (plomberie, électricité, serrurerie, chauffage, toiture…) | Obligatoire, sans seuil | Arrêté du 24 janvier 2017, qui a abrogé le seuil de 150 € de 1990 |
| Travaux sur commande chez un consommateur (rénovation, construction) | Pas d’obligation générale de texte | Information précontractuelle due (c. consom. L111-1) ; l’usage CAPEB / FFB en fait une quasi-obligation |
| Travaux entre professionnels | Pas d’obligation de devis | Liberté contractuelle ; un bon de commande ou un marché écrit tient lieu d’accord |
Le dépannage : obligatoire dès le premier euro
Un serrurier appelé à 23 h pour une porte claquée, un plombier pour une chasse d’eau, un électricien pour un tableau qui saute : chacun remet un devis écrit, avant d’intervenir, quel que soit le montant. L’arrêté du 24 janvier 2017 a abrogé l’arrêté du 2 mars 1990 et, avec lui, le seuil de 150 € TTC. L’erreur est encore partout sur le web, y compris dans des fiches métier récentes.
- Avant, pas après
- Le devis est préalable. Une facture remise à la fin, même détaillée, ne le remplace pas.
- Écrit, pas oral
- Une estimation au téléphone n’est pas un devis. L’écrit peut être un PDF envoyé depuis le camion, pas forcément un papier signé sur place — mais il doit exister avant les travaux.
- Même pour 80 €
- Le montant ne déclenche plus rien. Un joint à 80 € TTC exige le même formalisme qu’une intervention à 800 €.
La rénovation sur commande : pas le même texte, le même intérêt
Pour des travaux neufs ou une rénovation lourde chiffrée sur devis classique, aucun texte n’impose un devis écrit en toutes circonstances. En revanche, le code de la consommation (art. L111-1 et suivants) impose une information précontractuelle claire dès qu’un contrat est conclu avec un consommateur. Sans écrit, vous n’avez ni preuve du prix, ni preuve du périmètre, ni « bon pour accord ».
- Un maçon qui chiffre une extension de 20 m² : pas d’arrêté « dépannage », mais un devis signé est le seul contrat
- Un peintre qui refait un appartement : même logique — l’usage de la profession, pas un seuil
- Un devis signé chez le client déclenche en plus le droit de rétractation de 14 jours, voir le guide de la rétractation
Une fois que vous avez décidé de faire un devis, ce que vous y écrivez est une autre page : les mentions obligatoires du devis BTP. Ici, on s’arrête à la décision d’en établir un. Le choix d’un logiciel de devis et facture vient ensuite, une fois cette décision prise.
Les cas où l’écrit vous protège, même hors obligation
Un couvreur qui monte pour une fuite et, sur place, propose de reprendre trois rangs de tuiles : le dépannage est obligatoire en devis ; la reprise, elle, est un chantier sur commande. Un seul document, deux natures. Sans écrit, le litige porte toujours sur « ce qui était compris ».
Le présent devis est payant. Son montant de [montant] € TTC sera déduit de la facture si les travaux sont confiés à l’entreprise, et reste dû si le client y renonce après établissement.
Vous devez informer du caractère payant avant d’établir le devis. Rien n’impose la gratuité. Cette phrase ne dispense pas de l’information préalable.
Informer « le devis est gratuit » après l’avoir déjà rédigé ne rattrape pas l’obligation d’information préalable. Un appel, un SMS, une phrase en tête du premier e-mail : « Avant que je chiffre, le devis est gratuit / le devis est facturé 80 € TTC, déduits si vous me confiez les travaux. » Puis seulement, le document. L’ordre compte. Un devis payant annoncé trop tard se discute, et se perd souvent.
Un serrurier à 95 € TTC, un couvreur qui reprend trois tuiles à 280 €, un électricien qui remet un disjoncteur un dimanche à 160 € : les trois sont du dépannage. Les trois exigent un écrit préalable, sans regarder le montant. Un maçon qui chiffre une extension de 18 000 € HT n’est pas dans l’arrêté de 2017 ; il a pourtant le même intérêt à faire signer avant de terrasser. La loi n’est pas symétrique. Votre trésorerie, si. Un devis refusé reste une offre ; un chantier commencé sans écrit est un litige en puissance, dès le premier mètre cube.
Questions fréquentes
Le devis est-il obligatoire au-delà de 150 € ?
Cette formule est fausse depuis 2017. Pour le dépannage, la réparation et l’entretien dans le bâtiment, le devis écrit est obligatoire sans seuil. Le seuil de 150 € appartenait à un arrêté abrogé.
Dois-je faire un devis pour une rénovation complète ?
Aucun arrêté n’impose un devis écrit en toutes circonstances pour des travaux sur commande. L’information précontractuelle due au consommateur, et l’usage de la profession, en font néanmoins une quasi-obligation. Sans écrit, vous n’avez pas de contrat.
Puis-je refuser d’établir un devis ?
Oui. Rien n’oblige un professionnel à chiffrer. S’il accepte de le faire pour du dépannage, de la réparation ou de l’entretien, les règles de forme s’appliquent.
Un devis oral suffit-il en urgence ?
Non, pour le dépannage, la réparation et l’entretien. L’écrit est préalable. Un PDF envoyé depuis le véhicule avant d’ouvrir la boîte à outils satisfait l’obligation ; une phrase au téléphone, non.
Le devis doit-il être gratuit ?
Non. Vous devez informer le client, avant de l’établir, s’il est payant ou gratuit. La gratuité est un usage, pas une règle. L’annoncer après coup ne suffit pas.
Un bon de commande du client remplace-t-il le devis ?
Entre professionnels, un bon de commande ou un marché écrit peut tenir lieu d’accord. En dépannage chez un consommateur, l’arrêté de 2017 exige un devis écrit préalable : le bon de commande du client ne le remplace pas.
Sources
- Devis obligatoire : activités concernées — Service-Public.fr consultée le 06/09/2026
- Arrêté du 24 janvier 2017 — Légifrance consultée le 06/09/2026
- Arrêté du 2 mars 1990 (abrogé) — Légifrance consultée le 06/09/2026
- Arrêté du 3 décembre 1987 — Légifrance consultée le 06/09/2026