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Le blog Deviseo

Dix erreurs de devis qui coûtent cher

Un devis mal écrit ne se discute pas « plus tard sur le chantier ». Il se paie : en gravats que vous évacuez sans ligne, en prix de matériaux que vous honorez sans date de fin, en amende si la décennale n’y figure pas. Dix erreurs, prises dans des chantiers concrets — salle de bain, peinture, électricité — pas dans un catalogue de conseils génériques.

Par Anas Rabhi Mis à jour le 06/09/2026 4 min de lecture peintre en batiment, electricien, plombier

Ce que le devis ne dit pas, et que vous paierez

La structure d’un devis correct est dans le modèle de devis travaux. Cette page ne la réécrit pas. Elle part de dix oublis, et de ce qu’ils coûtent une fois le client signé. Les montants d’exemple reprennent des lignes déjà chiffrées ailleurs sur le site, ou des plafonds légaux sourcés. Aucune « moyenne d’heures perdues ».

ErreurOù elle se voitCe qu’elle coûte
Évacuation des gravats oubliée Salle de bain 5,5 m² 240 € HT sur votre marge, plus le samedi à la déchèterie
Échafaudage non chiffré Façade, ravalement, gouttière La location entière, que le client n’a pas signée
« Non compris » non écrit Peinture d’appartement Radiateurs, portes, tapisserie : un samedi de reprise offert
Préparation fondue dans le forfait Peinture au m² de sol Le lessivage et l’enduit, invisibles, donc contestés
Convention de point absente Rénovation électrique 40 « points » qui ne veulent pas dire la même chose
Cinq oublis de périmètre. Le client a signé ce qui est écrit, pas ce que vous aviez en tête.
1. L’évacuation
Sur le devis de salle de bain, c’est une ligne à 240 € HT. Sans elle, les gravats existent quand même. Vous les sortez, vous les payez, et vous ne les refacturez pas : le marché est signé.
2. L’échafaudage
Il n’a pas de tarif dans nos sources, donc pas de chiffre inventé ici. Le constat suffit : s’il n’est pas une ligne, il n’est pas dû. Un ravalement signé « fourniture et pose » sans échafaudage, c’est vous qui appelez le loueur.
3 et 4. Le périmètre et la préparation
Un devis peinture sans « non compris » et sans lessivage, c’est deux couches sur du gras et des radiateurs « évidemment inclus ». Détailler la préparation n’allonge pas le devis : ça l’empêche de se faire démonter. La méthode est dans bien chiffrer un chantier.
5. Le point électrique indéfini
Deux devis à 40 points, deux totaux, zéro comparatif. Sans phrase en tête (« un va-et-vient compte pour deux points éclairage »), le moins-disant n’est pas moins cher : il compte autrement.

Ce que le devis dit mal, et qui le rend fragile

ErreurTexte ou usageCe qu’elle coûte
Pas de durée de validité Usage 1 à 3 mois, aucun délai légal figé Honorer un prix de carrelage ancien
Décennale absente du devis Art. L243-2 du code des assurances Jusqu’à 3 000 € (PP) / 15 000 € (PM) d’amende administrative
Seuil de 150 € encore cité Arrêté du 2 mars 1990, abrogé Une information fausse donnée au client
Totaux saisis à la main Tableur, cellule figée Le TTC signé n’est plus le TTC calculé
Travaux supplémentaires sans avenant Devis signé = contrat Un impayé partiel en fin de chantier
Cinq erreurs de forme ou de contrat. Le guide des mentions du devis détaille le corpus ; ici, seul le coût.
6. La validité
Sans date de fin, l’offre reste engageante pendant un « délai raisonnable ». Le négoce, lui, n’attend pas. Vous tenez un prix que vous ne pouvez plus acheter.
7. La décennale sur le devis, pas seulement la facture
L’affichage est dû sur les deux documents. Oublier le devis, c’est déjà l’infraction. Les plafonds d’amende sont ceux de la DGCCRF, pas une estimation.
8. Le seuil de 150 €
Il ne s’applique plus au dépannage, à la réparation et à l’entretien depuis le 24 janvier 2017. Le citer, c’est se tromper de décennie. Le détail est dans les mentions obligatoires du devis.
9. L’addition à la main
Une ligne ajoutée, une quantité revue après la visite, et le pied n’est plus une formule. Le client a signé le total. C’est le prix.
10. Les extra sans écrit
Le devis signé vaut contrat. Une arrivée d’eau déplacée, une prise ajoutée, une teinte plus chère : sans avenant signé avant, c’est un cadeau, ou un impayé. La facture de fin de chantier ne réécrit pas le marché.

Les rattraper avant d’envoyer, pas après

Les cinq premières erreurs se voient en relisant le périmètre à voix haute : qu’est-ce qui sort du logement, qu’est-ce qui se loue, qu’est-ce qui n’est pas peint, comment on compte un point. Pour reconstruire le chiffrage avant ces oublis, voir la méthode de chiffrage. Les cinq suivantes se voient en bas de page : une date de validité, un bloc d’assurance, un total qui est une formule, rien sur les 150 €, et la phrase « tout travail supplémentaire fera l’objet d’un avenant ».

Questions fréquentes

Quelle est l’erreur la plus chère ?

Celle qui n’a pas de plafond : l’échafaudage oublié, les extra sans avenant, un prix de matériaux tenu sans validité. L’amende de mention décennale a un plafond (3 000 € personne physique). Un ravalement signé sans location de matériel n’en a pas.

Un devis sans « bon pour accord » est-il valable ?

La formule manuscrite n’est imposée par aucun texte spécifique au bâtiment. C’est le standard de preuve de la profession. Sans signature, le devis reste une offre : vous êtes engagé pendant la validité, le client ne l’est pas. L’erreur n’est pas l’absence des trois mots, c’est l’absence d’accord écrit.

Puis-je corriger un devis déjà signé ?

Pas en l’écrasant. Un devis signé vaut contrat. La correction passe par un avenant, signé avant les travaux concernés. Réécrire DEV-2026-0142, c’est perdre la trace de ce qui a été accepté.

Sources